[Télétravail] Portrait de Françoise Belot, responsable du service socio-éducatif et des hébergements

Françoise Belot, responsable du service socio-éducatif et des hébergements à l'École des Métiers

Depuis une semaine, vous avez recours au télétravail, pouvez-vous nous expliquer, en quelques mots, comment se déroule une journée type ?

Je démarre seulement à 8h, j’assure des horaires de bureau 8h-12h et 13h30-18h, je n’ai pas travaillé les week-ends. J'ai installé un bureau dans une chambre et je transfère mes impressions sur mon ordinateur personnel.

Quelles sont vos différentes missions et quels sont les enjeux de ce suivi extra-pédagogiques ?

L’équipe socio-éducative, en télétravail, s’est polarisée sur 3 missions :

  • Le gardiennage de l’établissement (Florian) et la continuité des informations (Barbara) ;
  • L’animation « virtuelle » (Laurence et les animateurs)
  • La création de vidéos explicitant l’utilisation des outils de communication (Yparéo, prise en main des nouveaux outils…) (François)

Les animateurs se trouvent privés de leurs missions d’encadrement et de surveillance des apprentis.
Dans une première phase, j’ai répertorié les outils qui nous faisaient défaut dans nos missions d’animation et de gestion du personnel socio-éducatif et j’ai attribué à chacun une tâche.

  • Livret d’accueil du nouvel animateur,
  • Livret d’accueil du nouvel interne,
  • Séquences d’animation lors des prises en charges,
  • Vérification des inscriptions à IRP auto des apprentis relevant de l’OPCO Mobilité.

Dès la mise en place des chats par groupe classe, il a fallu imaginer un médiateur –accompagnateur pour suivre les échanges, orienter ou traiter les demandes autres que pédagogiques : "J’ai oublié mon mot de passe", "J’en ai marre du confinement",  "Je suis seul, je me sens mal". Dès le vendredi 27 mars, les animateurs assuraient ce rôle de veille et de prise en charge psychologique sur les chats.

D’autres missions du service socio-éducatif sont en cours d’élaboration pour aider les apprentis à faire face aux manques d’interactions sociales dans leurs classes.

Êtes-vous régulièrement en contact avec vos équipes pédagogiques ? Sous quelles formes ?

J’appelle chaque membre de l’équipe, je rédige les différents projets et je les envoie par mail. J’ai veillé à l’inscription de tous les membres de l’équipe sur le chat "personnel tous ensemble".
J’ai repris la fiche d’interaction pédagogique pour la modifier pour le service animation.

Quels sont les avantages et les inconvénients dans cette nouvelle façon de travailler ?

Mon amplitude de travail est moins longue et je n’ai plus la charge mentale des nuitées. Il n'y a plus les imprévus de la discipline, donc mon activité est plus structurée. C’est une période de refonte complète des activités d’un service socio-éducatif, les modèles extérieurs étant moins nombreux que pour la pédagogie. Il faut être plus créatif et déployer de l’énergie pour pulser des initiatives chaque semaine. L’inattendu constant de la situation demande du recul, ça c'est chronophage. Il est nécessaire d’expliciter avec précision des activités qui n’existaient pas il y a moins de 10 jours.

Il faut être attentif aux salariés qui ont besoin de certitudes pour être sereins et aux salariés qui, ayant quitté le cadrage habituel, oublient qu’ils sont salariés.

Comment vivez-vous cette expérience ?

Un autre monde, une autre vie, des interactions différentes… J’apprécie cette période de réflexion, de recherche voire de création que ce soit sur le plan professionnel ou sur le plan personnel. C'est un retour à la lecture.

L’obligation de maîtriser les outils du numérique n’est plus optionnelle, il en va de l’équilibre psychologique. C’est aussi une période de découverte de l’autre, des autres. Chacun se repositionne dans les interactions, les idées débordent, chacun explore de nouvelles compétences. Bien sûr nous sommes séparés, et les rires me manquent, les délires des jeunes adultes me manquent mais ces nouvelles connaissances, nous n’aurions jamais eu l’occasion de les développer dans nos postes antérieures. Elles sont et seront un exceptionnel levain. Lors de notre retour à l’EDM, nous ne pourrons plus ré-enfiler ni nos habitudes, ni nos modes de fonctionnement, j’ai donc un certain enthousiasme à voir émerger ces nouvelles modalités du vivre-ensemble.

Un message à faire passer aux enseignants ? aux apprenti(e)s ? aux maîtres d’apprentissage ?

À chacun·e d'entre eux·elles, n’hésitez pas à faire remonter les problématiques qui se trouvent aussi hors du cadre pédagogique.