[Ligne Essentielle] Reprise de l'activité autour des masques barrières

Les couturières de l'École des Métiers confectionnent des masques barrière.

Quatre couturières, salariées de l’EDM depuis 6 à 12 mois, ont accepté cette mission. Elles ont modifié leurs habitudes : horaires de travail, respect des gestes barrière, production de masques et non plus de vêtements.

Accompagnées de Sandrine Artaux, encadrante technique, elles abordent avec cette production de nouveaux aspects pédagogiques, comme la surpiqure, l’assemblage, ou le surjetage.

Ce projet, sous la responsabilité de M. Brilliard vise la confection de masques à distribuer à l'ensemble du personnel de l’EDM. Ces masques seront nettoyés et emballés par le chantier d’insertion blanchisserie en respectant des normes d’hygiène très strictes.

Pour les guider dans cette mise en œuvre, elles ont pour modèle le patron utilisé par le CHU de Grenoble (qui se décline en tailles homme, femme, enfants). Mais ce travail reste un travail d’équipe et d’adaptation des techniques selon le matériel mis à disposition. C’est pourquoi, les couturières se consultent, échangent et trouvent des solutions ensemble.

Coudre dans la contrainte des gestes-barrières

Pour comprendre cette nouvelle façon de travailler, je me suis rendue sur place. À mon arrivée, Sandrine Artaux, encadrante technique du chantier couture, m’explique comment nous devons nous équiper et quel va être le protocole à respecter.
Nous entrons dans une Zone propre où nous pouvons laisser nos effets personnels.

Dans l’ordre, on me propose du gel hydro-alcoolique, un masque, une blouse de protection, une charlotte et des sur-chaussures.
Équipées, nous nous rendons à l’atelier et la porte reste ouverte pour éviter tout contact.
Les couturières sont à 1 mètre de distance les unes des autres, chacune à son poste de travail en tenue complète.

De nouvelles méthodes

Elles ne portent pas de gants : la couture exige des manipulations fines ; le gel hydroalcoolique est à disposition. La méthode de production vise à éviter le travail à la chaîne : on évite les gestes répétitifs, et donc le stress, et aussi des manipulations intermédiaires.

Chaque opératrice est dotée des tissus, doublures et élastiques nécessaires à la confection, pour ensuite assembler les pièces.

Céline

Céline a un projet de création d’entreprise, et la couture y aura la part belle.

Très vite elle me dit qu’elle n’a pas eu de crainte quant au fait de revenir travailler : "Les informations sur la mise en place des gestes barrière étaient très claires". Elle ajoute que tout ce protocole est bien respecté.

Céline voulait reprendre le travail et participer à l’effort de tous dans cette crise. C’est aussi continuer un quotidien trop brutalement interrompu : aller au travail, échanger avec ses collègues, agir.

Son message : "La solidarité, c’est capital pour moi ; agir avec et pour les autres."

Cécile

En reconversion professionnelle, Cécile est satisfaite d’avoir retrouvé une vie sociale et de contribuer à la protection des salariés en produisant des masques. En venant à l’École des Métiers chaque matin, elle se sent protégée par le matériel mis à sa disposition, les zones et sens de marche mis en place.
Elle a adapté ses horaires de travail dans ces conditions d’exception : 3h le matin (8h30 – 11h30), une pause déjeuner de 45 min et 3h l’après-midi. Quand on parle de la pause déjeuner, Cécile m’explique que les gestes barrière et la distanciation se sont mis en place naturellement, comme une évidence nécessaire.
Son message : "Cette situation nous apprend finalement beaucoup de choses sur les autres et sur nous-même ; il est important de se responsabiliser au quotidien."

Lætitia

Lætitia s’est orientée vers la couture en vue d’un projet professionnel après un parcours dans le milieu administratif.
Elle ne sent pas plus exposée que sa fille qui travaille dans le milieu médical.
Les réunions de démarrage, le matériel fourni pour mener à bien la mission l’ont confortée dans sa sérénité.
Ce qu’elle a souhaité avant tout, ce qui l’a motivé à revenir travailler c’est mettre à profit ses compétences au service des autres.
Son message : "Prenez soin de vous, prenez soin des autres."

 

Caroline

Caroline travaillait dans le tourisme, elle monte maintenant un projet autour de la couture. Pour allier la reprise du travail avec sa vie de famille, elle travaille sur le chantier 2 jours par semaine.
En répondant positivement à cette mission, elle souhaitait se sentir utile, contribuer elle aussi dans ce contexte de crise.Également, elle retrouve un petit sentiment de liberté en venant travailler malgré les (de nombreuses) règles à respecter.
Car pour le travail en lui-même, quand la tenue est enfilée, tous les gestes sont pensés, la liberté s’efface : on ne peut plus se toucher le visage par exemple.
Son message : "Il faut que chacun arrive à s’autogérer pour sortir de cette crise au plus vite."

Après avoir échangé avec Sandrine Artaux, je quitte les lieux en respectant à nouveau le protocole : direction la zone "sale" et retrait de masque, charlotte et sur-chaussures. La blouse est destinée à un bac géré par le chantier d’insertion blanchisserie.

L'entretien se termine, et je comprends à quel point il n’est pas évident de s’adapter à ces nouvelles règles notamment au port du masque.
Je ne l’ai porté qu’une heure et mon visage est marqué ; elles le portent au quotidien, et se sont adaptées à cette contrainte tout en restant productives.

Sandrine

Sandrine Artaux, encadrante technique sur le chantier couture : "Je tiens à remercier les salariées qui ont accepté de répondre positivement à cette demande. C’est un vrai plaisir de les retrouver malgré ce contexte compliqué."

👏👏👏👏👏

L’ensemble du personnel de l’École des Métiers vous remercie très sincèrement pour ce que vous faites. Nous vous sommes reconnaissants et n’oublierons pas que vous aurez été celles qui auront préparé notre protection pour notre reprise du travail sur site.

Propos recueillis par Delphine Kervarec, chargée de communication à l'École des Métiers.